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Stephen Murphy, cofondateur et PDG de Prohibition Partners

3 min de lecture

secteur du cannabis

Que pensez-vous de l’état actuel du secteur du cannabis sur des marchés comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, sachant que vous organisez des événements B2B pour mettre en relation les entreprises et créer des synergies pour l’industrie et les patients dans les deux pays ?

Les secteurs du cannabis en Allemagne et au Royaume-Uni progressent, mais chacun doit relever ses propres défis pour passer de la volonté politique à la mise en pratique. Les deux pays sont souvent considérés comme des références pour l’Europe et, même s’il y a eu une réelle dynamique, la réalité sur le terrain reste inégale.

En Allemagne, les récentes réformes ont attiré une large attention. La première étape de la légalisation, qui autorise la culture à domicile et la consommation personnelle, est désormais en place. Cependant, la deuxième étape, qui prévoit des programmes pilotes commerciaux, n’a pas encore été mise en œuvre. Le cannabis médical reste l’épine dorsale du marché. L’Allemagne a importé plus de 72 tonnes de cannabis médical en 2024, ce qui en fait de loin le plus grand marché d’Europe. Mais le système est loin d’être fluide. Les patients continuent de signaler un accès inégal, les prix restent volatils et les prescripteurs se heurtent souvent à des obstacles administratifs qui ralentissent le traitement.

En revanche, le Royaume-Uni a connu une progression plus discrète mais régulière de son marché du cannabis médical. Les volumes de prescriptions ont plus que doublé au cours de l’année écoulée, et des produits cultivés localement entrent désormais dans la chaîne d’approvisionnement. Les cliniques se développent et l’intérêt du public grandit. Cependant, l’adoption à grande échelle reste limitée. La plupart des médecins généralistes sont encore réticents à prescrire, et le cannabis médical n’est pas encore pris en charge par le NHS. Le secteur continue d’opérer en grande partie au sein du système de santé privé, ce qui crée des problèmes d’accès et d’accessibilité financière pour de nombreux patients.

Les deux pays démontrent que les cadres juridiques ne suffisent pas. Les infrastructures, l’éducation et la clarté réglementaire doivent avancer au même rythme. Un thème récurrent sur les deux marchés est l’accent mis sur l’éducation. Mais si elle est régulièrement évoquée par les décideurs politiques et les acteurs du secteur, elle est rarement soutenue par les ressources nécessaires pour former les cliniciens ou informer les patients. Cet écart entre l’intention et l’exécution continue de freiner les progrès.

Ce dont les deux marchés ont besoin maintenant, c’est de stabilité et de structure. Pour l’Allemagne, cela signifie des calendriers clairs pour les programmes pilotes et une cohérence dans l’application des réglementations fédérales et régionales. Pour le Royaume-Uni, cela signifie formaliser les normes de prescription, renforcer la confiance au sein de la communauté médicale et veiller à ce que les patients ne soient pas écartés de l’accès par les prix.

En définitive, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont au cœur de la manière dont le cannabis sera intégré aux systèmes de santé européens. Mais pour remplir ce rôle, chaque marché doit se concentrer moins sur les réformes spectaculaires et davantage sur les systèmes qui rendent le traitement efficace. Cela comprend la coordination de la chaîne d’approvisionnement, les recommandations cliniques et l’élaboration de politiques fondées sur les données.

L’opportunité est réelle. Ce qui compte maintenant, c’est l’exécution.

https://cannabis-europa.com/

https://www.maryjane-berlin.com/en/b2b

https://prohibitionpartners.com/reports/the-european-cannabis-report-10th-edition.

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